Le Kâmasûtra n’énumère pas 64 positions, il en énumère 17

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Le Kâmasûtra n’énumère pas 64 positions, il en énumère 17

Le chiffre circule partout : soixante-quatre positions. Il ne vient d’aucun décompte de postures. Le traité annonce lui-même, dès son chapitre d’ouverture, 1 250 vers répartis en 36 chapitres, 64 sections et sept livres : le 64 compte des sections de l’ouvrage. Quand Vâtsyâyana énumère des postures, il en donne dix-sept — une rubrique parmi huit catégories de gestes. Et avant d’y venir, son livre II ouvre sur une question que les listes modernes ont perdue en route.

En bref

  • Le 64 compte des sections, pas des positions. Le texte le déclare dans son chapitre d’ouverture — et la version qui nous est parvenue en compte 67 : le format annoncé n’a même pas tenu.
  • Dix-sept positions. C’est le décompte réel, à côté de 12 embrassements, 17 baisers, 16 morsures et griffures, 6 actes inhabituels, 16 claques et cris et 8 actes oraux.
  • Le livre II ne commence pas par les postures mais par une typologie de compatibilité : taille, endurance, tempérament. La question d’entrée est celle des deux corps, pas celle de la difficulté.
  • Sur l’endurance, la mesure corrige le texte. Une revue de 18 études chiffre l’acte entier à une intensité modérée : ce qui cède en cours de route est un appui local, jamais le souffle.

Par où commencer

Quatre questions, et une direction plutôt qu'une liste. Aucun compte, aucune donnée envoyée : tout se calcule dans votre navigateur.

Outil de repérage, pas un diagnostic : seul un professionnel de santé peut trancher.

Trois objets qui transforment une liste en quelque chose qui se manipule :

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Ce que Vâtsyâyana énumère vraiment, catégorie par catégorie

Catégorie énumérée Nombre Ce que le texte y range
Embrassements 12 Les façons de se tenir, avant tout le reste
Baisers 17 Nommés un par un, comme le « frôlement » ou la « bataille de langues »
Morsures et griffures 16 La « chair de poule », le « demi-croissant »
Positions 17 Une rubrique parmi huit, et la plus tardive du livre II
Actes inhabituels 6 Signalés, puis restreints par l’auteur lui-même
Claques et cris 16 Le bruit et la plainte traités comme des gestes à part entière
Actes oraux 8 Décrits au même rang que les précédents

D’où vient le chiffre 64, et que compte-t-il vraiment ?

Le traité se présente lui-même avec ses dimensions : 1 250 vers, 36 chapitres, 64 sections, sept livres. L’annonce figure dans le chapitre d’ouverture, un usage courant des textes sanskrits anciens, dont la raison la plus souvent avancée est défensive : annoncer le format d’un ouvrage populaire, c’est rendre visible toute addition ultérieure. Le 64 n’est donc pas un inventaire de postures. C’est une table des matières, déclarée d’avance.

Et le dispositif a échoué. La version parvenue jusqu’à nous compte 67 sections, liste énumérée dans le livre VII et dans le commentaire sanskrit de Yashodhara. Trois sections de plus que le format promis : le garde-fou a été franchi, et personne ne sait exactement quand. Le chiffre, lui, a survécu à l’ouvrage qu’il décrivait — puis il a changé d’objet en route. De sections, il est devenu positions.

Quant aux postures, l’encyclopédie Britannica donne le décompte noir sur blanc : dix-sept. Il arrive dans une énumération de huit catégories — embrassements, baisers, morsures et griffures, positions, actes inhabituels, claques et cris, actes oraux — et la liste se termine par « et ainsi de suite », ce qui veut dire qu’elle n’est même pas fermée. Dix-sept positions, donc, à égalité avec les baisers.

Le texte commence par une question que personne ne pose

Les positions se trouvent au livre II. Mais le livre II ne s’ouvre pas sur elles : il s’ouvre sur une typologie sexuelle fondée sur la taille, l’endurance et le tempérament. Autrement dit, avant de décrire un seul geste, Vâtsyâyana demande si les deux corps vont ensemble. Les postures n’arrivent qu’après les embrassements, les baisers, les griffures, les morsures et les claques — et plusieurs d’entre elles sont explicitement rattachées à des rapports de taille, certaines même à des régions de l’Inde.

Ce classement-là n’a pas d’équivalent dans les listes de positions qui circulent aujourd’hui. Elles trient par difficulté, par intensité ou par envie, jamais par morphologie — un mot qu’on ne lit presque jamais sur ce sujet, alors que c’est lui qui décide si une position s’emboîte ou se contorsionne. Le traité, lui, en fait son premier chapitre.

Il faut dire ce que cette typologie n’est pas. Ce n’est pas une grille de compatibilité amoureuse, et elle ne prescrit à personne ce qu’il devrait rechercher. C’est une clé de lecture : certaines postures y sont données pour certains rapports de taille, et pas pour d’autres. La question est mécanique, et elle reste la bonne.

Harnais de position posé à plat sur un drap, appui de nuque et boucles de cuisses visibles
Un appui de nuque, deux boucles de cuisses et deux sangles à régler : la hauteur se décide avant la figure.

Le texte classe par endurance, la mesure dit autre chose

Des trois critères du livre II, l’endurance est le seul qui se mesure aujourd’hui. Une revue systématique de 18 études, publiée dans Archives of Sexual Behavior en 2022, chiffre l’acte : une dépense d’environ 100 kilocalories, soit à peu près 6 équivalents métaboliques, des fréquences cardiaques moyennes situées entre 90 et 130 battements par minute, des pics jusqu’à 170. Les auteurs concluent à une intensité physique modérée, variable selon l’état de santé, la position, la durée et la phase.

Ce chiffre a une conséquence que le texte ancien ne pouvait pas tirer. Si l’effort global reste modéré, alors ce qui lâche au bout de deux minutes n’est pas le souffle : c’est un appui précis. Des cuisses, un poignet, une nuque, un bas du dos. La fatigue d’une position est locale, pas cardiaque — et elle se règle en déplaçant la charge : une main posée à plat, un talon glissé sous les fesses, ou un coussin de position qui tient l’angle à la place du corps.

Le traité pose donc la bonne question et retient une variable qui ne tranche pas. L’endurance n’est pas le facteur limitant ; l’appui l’est. C’est exactement ce que décrit notre page sur l’andromaque : les cuisses ne cèdent pas par manque de forme, elles cèdent parce qu’elles portent. Dix-huit siècles d’écart, et la correction tient en un mot.

Par où entrer quand on ne sait pas encore ?

La réponse la plus répandue consiste à trier par envie : douceur, intensité, nouveauté. C’est agréable à lire et cela ne règle rien, parce que l’envie ne dit pas si deux bassins s’emboîtent. Le critère d’entrée est le corps. L’écart de taille entre les deux personnes, la hauteur du bassin, ce qu’un bras peut porter, la profondeur que l’un impose et que l’autre reçoit : quatre questions, et chacune mène à une position différente.

Deuxième entrée possible, et elle est plus modeste : laisser le hasard décider. Un jeu de cartes ou une roulette tire la position à la place des deux, ce qui supprime le moment gênant où il faut proposer quelque chose. Ces objets sont réunis dans notre rayon jeux coquins, et notre fiche sur les jeux à deux explique comment le proposer, et quoi faire quand ça ne prend pas. Réserve utile : plusieurs de ces jeux sont rédigés en anglais, ce qui casse l’élan au moment de lire la carte.

Un mot sur le consommable, puisqu’il manque à presque toutes les listes de positions : enchaîner les postures allonge la séance, et un lubrifiant à base d’eau évite que le frottement devienne le facteur limitant. L’aromatisé relève du 69 et le glissement de la levrette, où les deux sujets sont traités pour eux-mêmes.

Flacon de lubrifiant à base d'eau posé sur une table de chevet en bois
Un lubrifiant à base d’eau — le consommable dont aucune page de positions ne parle.

Ce qui règle une hauteur, un appui ou un angle — là où le texte ancien pose sa question. Deux fabricants seulement se partagent ce rayon chez nous, et nos six coussins de position viennent tous du même :

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Ce que chaque position règle, et où le lire

Cinq positions ont chacune leur page, et chacune règle un problème précis — pas le même. Le tableau se lit par la gauche : repérez ce qui coince, ouvrez la page qui le traite. Aucune de ces cinq n’est meilleure que les autres, et c’est tout l’intérêt de les séparer.

Ce qui coince La position Où c’est détaillé
Vos tailles diffèrent nettement et la position se contorsionne Le 69 L’écart de taille
La personne pénétrée reçoit une profondeur qu’elle ne règle pas La levrette La profondeur subie
L’amplitude reste courte et un bras s’engourdit La cuillère La course bornée
Les cuisses lâchent avant la fin L’andromaque Les cinq appuis
Un réglage soulage l’un et gêne l’autre Le missionnaire Le réglage partagé

La souplesse n’est pas le critère d’entrée

La souplesse revient souvent comme condition d’accès, et c’est un faux obstacle. L’acrobatie n’est pas le sujet du livre II, qui range ses positions par rapport de taille et non par difficulté. Une posture qui demande de tenir une articulation au-delà de son amplitude confortable ne tiendra pas trente secondes, quel que soit le niveau d’entraînement. Une posture qui s’emboîte sans effort reste tenable aussi longtemps qu’on le souhaite.

Une revue récente va dans le même sens, sur un terrain précis. Publiée dans l’International Journal of Sexual Health en 2026, elle a retenu 27 études à partir de 2 146 notices et porte sur des adultes souffrant d’un trouble de douleur sexuelle. Deux de ses résultats se lisent sans ambiguïté : « la profondeur, l’angle et le tempo contrôlés par le partenaire réduisent systématiquement la douleur et améliorent la fonction sexuelle », et les positions où la femme est au-dessus, celles sur le côté et le missionnaire soutenu sont les plus souvent favorisées, l’entrée par l’arrière aggravant fréquemment la douleur.

Ce que cela déplace : le critère d’entrée n’est pas ce dont un corps est capable, c’est qui tient la commande. La population étudiée est particulière et aucune de ces préférences ne vaut comme consigne générale — mais le mécanisme, lui, se transpose. L’entrée par l’arrière est justement la position où la profondeur échappe à celle ou celui qui la reçoit : notre page sur la levrette explique comment la lui rendre, et celle sur la cuillère pourquoi la course y est bornée d’avance.

Quatre datations pour un même texte

La date du traité n’est pas réglée, et les écarts sont larges : on le place tantôt au IIIe siècle, tantôt entre le IIIe et le IVe, tantôt au IVe, tantôt entre le VIe et le VIIe. Britannica retient la seconde moitié du IIIe siècle de notre ère, probablement dans le nord de l’Inde, peut-être à Pataliputra, près de l’actuelle Patna. C’est la datation reprise ici, en disant franchement qu’elle reste discutée.

Deux choses expliquent le flou. On ne sait presque rien de l’auteur : Vâtsyâyana Mallanaga indique lui-même que son texte distille des ouvrages antérieurs, aujourd’hui perdus. Et l’ouvrage a été révisé — des citations que des auteurs du premier millénaire attribuent au Kâmasûtra ne figurent pas dans la version qui a survécu. Un texte recomposé se date mal.

Pourquoi cela compte pour qui cherche des positions : un texte qu’on date à trois siècles près est aussi un texte dont le contenu a bougé. Les dix-sept postures sont celles de la version transmise, pas nécessairement celles de la première.

Ce que le Kâmasûtra ne dit pas

Trois choses, pour finir, qu’on lui prête à tort. La première : aucune position n’évite une grossesse ni ne protège d’une infection sexuellement transmissible, et le traité n’en dit rien. La deuxième : le chiffre de soixante-quatre positions n’est attribuable à personne. On lit parfois qu’un traducteur l’aurait fixé ; rien dans les sources consultées ici ne l’établit, et il n’est donc attribué à aucun nom.

La troisième est plus intéressante, parce qu’elle vient du texte lui-même. Vâtsyâyana restreint explicitement les « techniques inhabituelles » destinées à augmenter la passion, et il écrit que « le fait qu’il existe un texte pour cela ne justifie pas une pratique ». Il le répète dans ses conclusions. Un ouvrage qui énumère tout prend soin de dire que son énumération n’oblige à rien.

La phrase qui résume le mieux la distance entre le livre et le lit se trouve au livre II, chapitre 2 : « quand la roue de l’extase sexuelle tourne à plein régime, il n’y a plus de manuel du tout, et plus d’ordre » (traduction de Wendy Doniger et Sudhir Kakar). Dix-sept positions, soixante-sept sections, et l’auteur qui prévient lui-même qu’au bout du compte rien de tout cela ne se récite.

Trier par le corps ou tirer au hasard : ce que chacun apporte

✅ Avantages

  • Trier par le corps répond à la seule question qui bloque vraiment : est-ce que ça s’emboîte ?
  • Chaque critère mène à une page précise, donc à un réglage — pas à une liste de plus.
  • Le résultat tient dans la durée : une position qui s’emboîte reste tenable sans entraînement.
  • Celle ou celui qui reçoit garde la main sur la profondeur et sur le rythme.

⚠️ Inconvénients

  • Il faut se parler avant, et nommer des choses qu’on ne nomme pas d’habitude.
  • Deux ou trois positions suffisent le plus souvent : la liste longue ne sert à rien.
  • Tirer la position au hasard supprime la gêne de proposer, mais ignore complètement la morphologie.
  • Un jeu rédigé en anglais coupe l’élan au moment précis où il faut lire la carte.

Retours d’expérience

Les trois malentendus qui reviennent le plus souvent sur ce texte, et ce qui y répond.

« On m’a dit qu’il y en avait 64 »

Soixante-quatre est le nombre de sections de l’ouvrage, annoncé par le texte dans son chapitre d’ouverture. Les postures énumérées sont au nombre de dix-sept, à égalité avec les baisers.

« Il faut être souple »

Le livre II classe ses positions par rapport de taille, pas par difficulté. Ce qui tient, c’est ce qui s’emboîte ; ce qui lâche, c’est un appui local — jamais le souffle.

« C’est un livre de positions »

Les postures arrivent après les embrassements, les baisers, les morsures, les griffures et les claques, tous énumérés et nommés un à un. Dans le livre II, la section des positions est la plus tardive.

Trois malentendus courants sur le texte, et ce que les sources en disent — Intimae n’affiche pas d’avis clients non vérifiés.

Choisir une position en cinq minutes, par le corps

  1. Commencez par l’écart de taille. C’est le critère qui décide de l’emboîtement, avant la difficulté et avant l’envie. S’il est marqué, écartez d’emblée les postures qui demandent aux deux corps de se replier l’un sur l’autre.
  2. Décidez qui règle la profondeur. Dans une position, celle ou celui qui reçoit tient la commande, ou bien la subit. Les deux existent : sachez laquelle vous choisissez avant de commencer, pas après.
  3. Repérez l’appui qui va porter. Cuisses, poignets, nuque, bas du dos : un seul de ces appuis supporte la charge, et c’est lui qui fixe la durée tenable. Il se déplace en quelques secondes, ou se remplace par un coussin de position.
  4. Sortez le lubrifiant avant, pas pendant. Enchaîner les postures allonge la séance et multiplie les frottements. La base à choisir et les compatibilités se lisent dans le guide d’achat du lubrifiant.
  5. Convenez d’un signal. Un mot, un geste de la main, une pression : de quoi dire « moins profond » ou « on change » sans interrompre. C’est ce qui rend un essai réellement sans risque, bien plus qu’une liste de précautions.
  6. Arrêtez-vous à deux ou trois. Enchaîner dix postures dans une soirée ne laisse le temps d’en régler aucune. Deux qui s’emboîtent valent mieux qu’une collection entière.

Le consommable qu’aucune des pages de positions ne mentionne :

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Sources

  • Britannica et Wikipédia anglophone, « Kamasutra » — les 17 positions énumérées, les 64 sections annoncées au chapitre d’ouverture, les 67 de la version transmise, la typologie du livre II, la datation. Limites : notices encyclopédiques, et six encadrés de la page Britannica sont générés automatiquement et signalés comme tels. Seul son corps rédactionnel est repris.
  • Oliva-Lozano et coll., Arch Sex Behav, avril 2022 (PMID 35147835) — revue systématique de 18 études : 100 kcal, 6 METs, 90 à 130 bpm, pics à 170. Limites écrites par les auteurs : recherche arrêtée en avril 2020, davantage d’études de qualité nécessaires.
  • Singh et coll., Int J Sex Health, avril 2026 (PMID 42683350) — revue de portée, 27 études sur 2 146 notices. Limites : adultes souffrant d’un trouble de douleur sexuelle, non généralisable ; résumé publié à sigles corrompus, d’où deux résultats seulement repris.
Alvaro Benitez, rédacteur bien-être intime chez Intimae

À propos de l’auteur · Alvaro Benitez

Rédacteur bien-être intime chez Intimae

Alvaro rédige les guides bien-être intime d’Intimae. Il part des questions que les lecteurs posent vraiment, croise plusieurs sources pour chaque affirmation, et écrit sans tabou ni promesse. Quand un sujet touche à la santé, il le dit et oriente vers un professionnel plutôt que de trancher à sa place.

Pour cet article, deux publications ont été relues sur leur notice, et deux encyclopédies ouvertes pour vérifier le décompte du texte ancien. Trois affirmations qui circulent partout ont été écartées faute de source : deux séries de « 64 » introuvables dans les ouvrages consultés, et l’attribution du chiffre à un traducteur. Là où les dates divergent, les quatre versions sont données plutôt qu’une seule. Mis à jour le .

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Questions fréquentes

Combien de positions le Kâmasûtra décrit-il vraiment ?

Dix-sept. C’est le nombre que donne l’énumération du traité, à côté de 12 embrassements, 17 baisers, 16 morsures et griffures, 6 actes inhabituels, 16 claques et cris et 8 actes oraux. Les positions sont donc une rubrique parmi huit, et elles arrivent en dernier dans le livre II, après tous les autres gestes. Le chiffre de soixante-quatre, lui, ne compte pas des postures.

Que compte le chiffre 64 ?

Des sections de l’ouvrage. Le traité se décrit lui-même, dans son chapitre d’ouverture, comme 1 250 vers répartis en 36 chapitres, 64 sections et sept livres. Annoncer ses dimensions d’avance était un usage des textes sanskrits anciens, dont la raison la plus souvent avancée est défensive : rendre visible toute addition ultérieure. Le dispositif n’a pas tenu — la version parvenue jusqu’à nous compte 67 sections.

Quelles sont les positions les plus difficiles du Kâmasûtra ?

Le traité ne les classe pas par difficulté. Son livre II les range par rapport de taille entre les deux personnes, et plusieurs postures y sont données pour certains rapports et pas pour d’autres. La difficulté telle qu’on l’entend aujourd’hui, souplesse et équilibre, n’est pas un critère du texte. Ce qui limite une position en pratique, c’est l’appui qui porte la charge.

Le Kâmasûtra date-t-il du IIIe ou du VIe siècle ?

La date n’est pas réglée. Britannica retient la seconde moitié du IIIe siècle de notre ère, dans le nord de l’Inde ; d’autres sources avancent le IVe, d’autres le VIe ou le VIIe. Deux raisons à ce flou : on ne sait presque rien de l’auteur, et le texte a été révisé — des citations qui lui sont attribuées par des auteurs du premier millénaire ne figurent pas dans la version transmise.

C’est quoi un 68 ?

Une plaisanterie, pas une position : le 68 ne figure dans aucun traité. La formule joue sur l’idée d’un 69 où une seule des deux personnes agirait, l’autre promettant de rendre la pareille plus tard. Elle circule comme un gag, et rien de plus. Si c’est le 69 qui vous intéresse, il a sa page : pourquoi il rate souvent, et comment le réussir.

Quelle position stimule le mieux le point G ?

Il n’existe pas de réponse générale : la zone concernée est la paroi vaginale antérieure, et l’angle qui l’atteint dépend de la morphologie des deux personnes. Deux positions permettent de le régler finement, parce que celle ou celui qui reçoit y garde la main sur l’angle et la profondeur : l’andromaque par ses appuis, la levrette par la hauteur du bassin.

Quelle est la position assise du Kâmasûtra ?

Le texte ne range pas ses positions par la posture du corps : il les rattache à des rapports de taille, et certaines à des régions de l’Inde. Il n’existe donc pas « la » position assise du Kâmasûtra. En pratique, s’asseoir déplace la charge sur le bassin de la personne du dessous et laisse à l’autre la main sur l’angle : c’est la mécanique de l’andromaque, dont les cinq appuis, assis sur les talons compris, sont détaillés.

Une position du Kâmasûtra peut-elle éviter une grossesse ?

Non. Aucune position n’a d’effet contraceptif, et aucune ne protège d’une infection sexuellement transmissible : l’exposition ne dépend pas de la posture. Seuls un moyen de contraception et le préservatif agissent, et le traité ne dit rien qui aille dans un autre sens. Pour toute question de contraception, la réponse revient à un professionnel de santé.