Comment pratiquer l'anulingus ?

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Comment pratiquer l'anulingus ?

En bref

  • L'anulingus — aussi appelé rimming ou « feuille de rose » — est la stimulation orale de l'anus et du périnée.
  • Quatre sites de santé occupent la première page de Google sur ce mot, et ils traitent tous le risque. Cette page traite le geste.
  • La seule règle d'hygiène vraiment actionnable tient en une phrase, et personne ne l'écrit : on ne repasse pas de l'anus vers le vagin ou vers la bouche sans s'arrêter — ni la langue, ni les doigts, ni un objet.
  • Ce qui se transmet ici, ce sont surtout des germes intestinaux, pas ce que la plupart des gens redoutent.
  • Une douche suffit : le lavement est une pratique de confort, pas une mesure d'hygiène, et il n'est obligatoire pour personne.
  • La barrière existe et elle est simple — un carré de latex — mais elle reste très peu utilisée.

Qu'est-ce qui vous retient ?

3 questions, une recommandation claire. Aucun compte, calcul 100 % dans votre navigateur.

Outil d'aide au choix — à affiner selon vos envies.

Trois objets, et ce qu'ils font vraiment

Un seul répond à la question du risque. Les deux autres répondent à celle du confort — ce n'est pas la même chose, et il vaut mieux le savoir avant d'acheter.

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Carrés de latex ultra-fin aromatisés, pour le sexe oral anal comme vaginal. Vendus par étui.

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Trois embouts, format compact. Une pratique de confort — son mode d'emploi est détaillé ailleurs.

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Un gel doux pour la douche d'avant. Dans la plupart des cas, c'est toute la préparation nécessaire.

Pourquoi cette page ne parlera pas (beaucoup) du risque

Tapez « anulingus » dans Google et vous tombez sur quatre sites de santé : une association de lutte contre le VIH, deux magazines médicaux, un site de médecins. Ils traitent tous la même chose — le risque — et ils le font bien. Nous n'allons pas essayer de faire mieux qu'eux sur leur terrain, et vous ne devriez pas nous croire si nous prétendions le contraire.

Ce que ces pages ne font pas, en revanche, c'est expliquer le geste : comment on se prépare sans y passer une heure, ce qu'on fait avec sa langue, dans quelle position, comment on en parle avant, et ce qu'on fait juste après. C'est ce que vous trouverez ici.

Avec une exception, une seule, parce qu'elle est trop utile pour être omise : la règle d'hygiène qui compte réellement n'est écrite nulle part, ni sur les sites de santé, ni sur les blogs de boutique. Elle tient en une phrase et elle vient tout de suite.

La règle que personne n'écrit : on ne revient pas en arrière

La voici : une fois qu'on a touché l'anus, on ne repasse pas vers le vagin ni vers la bouche sans s'arrêter. Ni la langue, ni les doigts, ni un objet, ni un préservatif déjà utilisé. On s'interrompt, on se lave les mains, on change de barrière — et on continue.

Cette règle n'est pas une précaution de plus. C'est la seule qui découle du mécanisme réel, et ce mécanisme n'est pas celui que la plupart des gens redoutent.

Ce qui se transmet ici n'est pas ce qu'on croit

Quand on parle de risque et de sexe, on pense au VIH. Or c'est le risque le moins probable dans cette pratique — Sidaction, qui tient le troisième résultat de Google sur ce mot, l'écrit d'ailleurs clairement.

Ce qui circule réellement, ce sont des germes intestinaux : des bactéries et des parasites qui vivent normalement dans le tube digestif et qui ne posent aucun problème là où ils sont. Une étude publiée en 2024 dans Microbiology Spectrum a analysé 436 prélèvements chez 361 patients sur près de trois ans : parmi les comportements sexuels étudiés, l'anulingus présentait le rapport de cotes le plus élevé, et le risque existait indépendamment du statut VIH des personnes.

Deux précisions, parce qu'elles changent la lecture de ce chiffre. Cette étude porte sur une population précise — des hommes ayant des rapports avec des hommes, venus consulter pour des symptômes digestifs — et sur un seul hôpital américain. Elle ne dit pas quelle est votre probabilité d'attraper quoi que ce soit, et nous ne le dirons pas non plus. Elle dit se situe le mécanisme. Le reste — dépistage, vaccination, situation personnelle — relève d'un professionnel de santé, et notre guide des protections ne remplace pas une consultation.

🔑 Ce que ces chercheurs relèvent au passage vaut d'être su : dans leur série, les soignants n'avaient interrogé le patient sur sa vie sexuelle que dans quatre cas sur dix. Leur conclusion est qu'il faut mieux informer. Si les professionnels eux-mêmes n'abordent pas le sujet, il n'est pas étonnant que l'information manque.

Se préparer : ce que beaucoup de gens font, et ce qui suffit vraiment

C'est le premier frein, avant même le risque. Alors disons-le simplement : une douche suffit. De l'eau, un savon doux, l'extérieur — pas plus. C'est ce que font la plupart des gens, et c'est adapté à la très grande majorité des situations.

Le reste relève du confort, pas de la nécessité, et mérite d'être nommé comme tel.

Le lavement rassure — c'est sa vraie fonction

Beaucoup de personnes utilisent une poire ou une douche anale avant ce type de pratique. C'est fréquent, et ce n'est pas absurde : l'appréhension est le principal obstacle, et ce qui la lève permet de se détendre.

Deux choses à savoir tout de même. Ce n'est pas une mesure d'hygiène : cela ne protège de rien, et cela ne rend pas la pratique plus sûre. Et ce n'est obligatoire pour personne — présenter le lavement comme un préalable, c'est ajouter une contrainte là où il n'y en a pas.

Nous n'expliquons pas ici comment s'y prendre : volume, température, fréquence et précautions sont détaillés dans notre fiche consacrée à la poire de lavement, et le rayon poires et douches anales réunit les modèles. Une seule chose vaut d'être dite ici : ce n'est pas une chose à improviser dix minutes avant, ni à répéter tous les jours.

La pilosité : la question que personne ne pose

Aucune des six pages que nous avons lues ne l'aborde. C'est pourtant une question que beaucoup se posent, et la réponse est courte : c'est une préférence, pas une règle.

Ce qui se dit rarement, c'est que le rasage a un inconvénient précis dans ce contexte : il crée des micro-coupures, invisibles mais réelles, sur une zone fine. Une peau intacte est une meilleure barrière qu'une peau fraîchement rasée. Si vous choisissez de le faire, pas la veille au soir ni le jour même : deux ou trois jours avant, le temps que la peau se referme.

Pour le reste, c'est une affaire de goût des deux personnes, et cela se demande — ce qui nous amène au point suivant.

Poire à lavement posée sur une serviette verte froissée, dans une salle de bain
Elle rassure, et c'est sa vraie fonction — ce n'est pas une mesure d'hygiène.

En parler avant, et pourquoi c'est plus facile qu'on ne croit

C'est une pratique qu'on n'ose pas proposer. Deux raisons reviennent : la peur d'être jugé pour l'avoir demandée, et la peur de ne pas être « propre » pour la recevoir. Les deux se désamorcent de la même façon — en en parlant à un autre moment que celui du désir.

Quelques formulations qui fonctionnent mieux que d'autres :

  • Proposer sans demander une réponse immédiate : « c'est quelque chose qui me tente, tu me diras » laisse le temps de la réflexion. Une question posée au lit appelle un oui ou un non, et souvent un non par réflexe.
  • Nommer la préparation soi-même, si c'est vous qui recevez. Dire ce qu'on fait avant retire l'essentiel de la gêne, parce que cela montre que la question est réglée.
  • Dire jusqu'où on va, ou plutôt jusqu'où on ne va pas. Beaucoup de personnes acceptent la pratique mais pas ce qui pourrait suivre : le préciser évite un malentendu au mauvais moment.

Et l'inverse compte aussi : un refus ne se négocie pas. C'est une pratique qui touche à des zones d'intimité et de pudeur très personnelles, et le fait qu'elle soit courante ne la rend obligatoire pour personne.

La barrière : ce qu'elle fait, et ce qu'elle ne fait pas

La réponse matérielle à la question du risque n'est ni une douche plus longue ni un savon particulier : c'est une digue dentaire, un carré de latex fin qu'on pose sur la zone et qui sert de barrière pendant un rapport oral.

Trois gestes suffisent. On la déplie et on la pose à plat, sans la tendre. On la tient — elle ne tient pas seule. Et on ne la retourne pas en cours de route : une face reste une face. Quelques gouttes de lubrifiant à base d'eau déposées dessous, côté peau, la maintiennent en place et rendent la sensation moins sourde.

Ce qu'elle ne fait pas : elle ne supprime pas le risque, elle le réduit. Nous n'écrirons pas qu'elle « élimine » quoi que ce soit — aucune source sérieuse ne le formule ainsi, et l'évaluation d'un risque relève d'un professionnel de santé, pas d'une boutique.

À défaut, un préservatif non lubrifié coupé dans la longueur donne un rectangle de latex utilisable. C'est un dépannage connu, pas une solution à préférer. Le rayon protection orale ne compte que quelques références, mais elles sont faites pour cet usage — et l'objet reste très peu connu, y compris des professionnels de santé.

Le geste : positions, langue, rythme

Passons à ce qui manque partout ailleurs.

La position détermine tout le reste. Trois configurations reviennent, et elles ne demandent pas le même effort : la personne allongée sur le ventre, un coussin sous les hanches — la plus simple et la plus confortable pour les deux ; à quatre pattes, qui donne le meilleur accès mais fatigue vite celui qui reçoit ; et sur le dos, jambes relevées, qui permet de garder le contact visuel mais demande de la souplesse. Commencez par la première.

Le mouvement compte moins que la surface. La zone est riche en terminaisons nerveuses, et la pression légère y est plus efficace que l'insistance : la langue à plat, lentement, sur l'ensemble de la zone — y compris le périnée, ce petit espace entre l'anus et les organes génitaux, que la plupart des guides oublient alors qu'il est souvent plus sensible que l'anus lui-même.

Ensuite seulement, si les deux le souhaitent, la pointe de la langue et des mouvements plus précis. Rien n'oblige à aller plus loin : cette pratique n'est pas un préliminaire à autre chose, elle se suffit très bien à elle-même.

Un mot sur la durée : c'est une position inconfortable pour la nuque de celui qui donne. Quelques minutes suffisent, et alterner avec autre chose vaut mieux qu'insister jusqu'à la crampe.

Juste après, et ce qui peut suivre

Deux gestes, tous deux évidents une fois dits. Se laver les mains — c'est là que la règle du début s'applique le plus concrètement, parce que les mains passent partout sans qu'on y pense. Et se rincer la bouche avant d'embrasser, ce que presque aucun guide ne mentionne alors que tout le monde se pose la question.

Quant à la suite : pour les personnes qui ont une prostate, cette zone est aussi la porte d'entrée d'un autre type de stimulation, plus profonde, qui se pratique avec les doigts ou un objet courbé. Ce n'est pas la même chose et cela ne se décide pas dans l'élan — notre fiche sur la stimulation prostatique et le rayon stimulateurs prostatiques traitent ce sujet à part.

De la même façon, si l'envie d'une pénétration apparaît, elle appelle sa propre préparation, sa propre progression et son propre lubrifiant : notre fiche pour un premier plug reprend tout depuis le début. Et rappelons la règle : on ne passe pas de l'un à l'autre sans s'arrêter.

Quand s'abstenir

Quatre situations, toutes de bon sens.

  • Une lésion, une fissure ou des hémorroïdes douloureuses chez celui qui reçoit, ou une plaie dans la bouche chez celui qui donne — dans les deux cas, une barrière abîmée est une barrière en moins.
  • Un épisode digestif en cours, chez l'un ou chez l'autre.
  • Un rasage de la veille, pour la raison vue plus haut.
  • L'envie qui n'y est pas, chez l'un des deux. C'est la première des quatre.

Et si un symptôme apparaît dans les jours qui suivent — digestif, urinaire ou autre —, c'est un médecin qu'il faut voir, en lui disant ce qui s'est passé. C'est précisément ce que l'étude citée plus haut relève : les soignants n'y pensent pas toujours d'eux-mêmes, et l'information vient donc du patient. Notre fiche sur l'hygiène des accessoires et le rayon hygiène intime couvrent le reste du quotidien.

Ce qui se décide avant

Une douche, une barrière si vous en voulez une, et une conversation à un autre moment que celui du désir. Le reste s'improvise très bien.

Voir les protections orales

Questions fréquentes

Quel est le risque de faire un anulingus ?

Le risque principal n'est pas celui que la plupart des gens imaginent : ce sont surtout des germes intestinaux qui peuvent se transmettre, plus que des virus sexuellement transmissibles au sens strict. Une étude de 2024 a d'ailleurs relevé que ce risque existait indépendamment du statut VIH des personnes. Nous n'avancerons aucun chiffre de probabilité : cela dépend de votre situation, de celle de votre partenaire et de votre suivi. La question du dépistage et de la vaccination se pose avec un professionnel de santé, et plusieurs sites spécialisés la traitent mieux que nous ne le ferions.

Comment se préparer avant un anulingus ?

Une douche suffit dans la très grande majorité des cas : de l'eau, un savon doux, l'extérieur. Beaucoup de personnes utilisent en plus une poire de lavement, et c'est légitime — mais il faut savoir ce que cela fait : cela rassure, cela ne protège de rien, et ce n'est obligatoire pour personne. Si vous choisissez de le faire, ce n'est pas quelque chose à improviser dix minutes avant, et cela ne se répète pas tous les jours.

Faut-il utiliser une protection ?

La barrière prévue pour cet usage est la digue dentaire : un carré de latex fin qu'on pose à plat, qu'on tient, et qu'on ne retourne pas. Quelques gouttes de lubrifiant à base d'eau dessous la maintiennent en place. Elle réduit le risque — nous n'écrirons pas qu'elle l'élimine, aucune source sérieuse ne le formule ainsi. À défaut, un préservatif non lubrifié coupé dans la longueur dépanne. L'objet reste très peu connu, y compris des professionnels de santé.

Y a-t-il une règle d'hygiène vraiment importante ?

Oui, une seule, et elle est étonnamment absente des articles sur le sujet : on ne repasse pas de l'anus vers le vagin ou vers la bouche sans s'arrêter. Ni la langue, ni les doigts, ni un objet, ni un préservatif déjà utilisé. On s'interrompt, on se lave les mains, on change de barrière, et on continue. Cette règle découle directement du mécanisme réel — des germes intestinaux qui ne posent aucun problème là où ils sont.

Faut-il s'épiler ou se raser ?

C'est une préférence, pas une règle, et aucun des articles consultés n'aborde la question. Un point mérite d'être connu : le rasage crée des micro-coupures sur une peau fine, et une peau intacte est une meilleure barrière qu'une peau fraîchement rasée. Si vous choisissez de le faire, évitez la veille au soir ou le jour même — deux ou trois jours avant laissent à la peau le temps de se refermer.

Quelle position adopter ?

Trois reviennent, et elles ne demandent pas le même effort. Allongé sur le ventre avec un coussin sous les hanches : la plus simple et la plus confortable pour les deux, c'est par là qu'il faut commencer. À quatre pattes : le meilleur accès, mais fatigant pour celui qui reçoit. Sur le dos, jambes relevées : le contact visuel est possible, mais cela demande de la souplesse. Pensez aussi au confort de la nuque de celui qui donne — c'est ce qui limite la durée.

Que faire juste après ?

Deux gestes. Se laver les mains, parce que ce sont elles qui passent partout sans qu'on y pense — c'est là que la règle du « on ne revient pas en arrière » s'applique le plus concrètement. Et se rincer la bouche avant d'embrasser : presque aucun guide ne le mentionne, alors que tout le monde se pose la question. Si un symptôme digestif ou urinaire apparaît dans les jours qui suivent, consultez en disant ce qui s'est passé.

Est-ce que ça doit mener à autre chose ?

Non. Cette pratique n'est pas un préliminaire à une pénétration, elle se suffit très bien à elle-même, et beaucoup de gens en restent là. Si l'envie d'aller plus loin vient, elle appelle sa propre préparation et sa propre progression, avec un lubrifiant adapté — et surtout, elle suppose de s'arrêter avant, pas d'enchaîner.

Pour aller plus loin

Sources

  • Une étude, ce qu'elle dit et ce qu'elle ne dit pas — Les éléments sur les germes intestinaux viennent d'une étude publiée le 2 avril 2024 dans Microbiology Spectrum (PMID 38391230) : 436 analyses chez 361 patients sur 34 mois dans un centre hospitalier. Parmi les comportements sexuels étudiés, l'anulingus présentait le rapport de cotes le plus élevé, et le résultat ne différait pas selon le statut VIH. Les auteurs relèvent qu'un historique sexuel n'avait été recueilli que dans 40,6 % des cas et concluent qu'une meilleure information des patients est nécessaire. Ce qu'elle ne dit pas : elle porte sur une population précise — des hommes ayant des rapports avec des hommes, venus consulter pour des symptômes digestifs —, dans un seul système hospitalier américain, et de façon rétrospective. Il y a donc un biais de sélection évident, et aucune probabilité individuelle ne peut en être déduite. Ce que nous avons refusé d'écrire : tout taux de transmission, toute affirmation qu'une barrière « élimine » un risque, et toute recommandation de dépistage ou de vaccination. Ce terrain est celui des sites de santé qui occupent cette page de résultats — et d'un professionnel que vous consulterez, pas d'une boutique.
Alvaro Benitez, rédacteur bien-être intime chez Intimae

À propos de l'auteur · Alvaro Benitez

Rédacteur bien-être intime chez Intimae

Alvaro rédige les guides bien-être intime d'Intimae : il part des vraies questions des lecteurs, croise des sources fiables (sécurité, matières, données du catalogue) et écrit des conseils clairs et sans tabou. Sur les questions de santé, il oriente toujours vers un professionnel.